sense

“Sense inheres in language, in the propositions that make up language, which is why it is possible, so long after all the material references the Stoics made have disappeared (something that they themselves were well aware of—the inevitable decay of all that is material), that we can still attempt to seek what sense there remains, even in scattered fragments, even in secondary or hearsay texts. Even if we are not the intended or foreseen receivers of their writings and teachings, sense is directed to anyone, to any language.” (Elizabeth Grosz, The Incorporeal, p.41)

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Quotes from Histoire de la notion d’individu

« L’eau élémentaire chez Thalès, l’air chez Anaximène, l’ἄπειρον (l’« infini », l’« indéfini ») chez Anaximandre sont ces éléments continus et uns en vertu de leur homogénéité foncière. Peut-être faut-il voir ici un premier aspect de l’idée de matière, antérieure à toute distinction de la matière et de la forme. / Cependant, à ce premier caractère de consistance et de cohérence s’ajoute un dynamisme de développement, de croissance, plus universel et plus puissant que celui qui fait croître les plantes et grandir les animaux : la physis. » ( Gilbert Simondon, « Histoire de la notion d’individu », in L’Individuation à la lumière des notions de forme et d’information, p. 358, Grenoble, Millon, 2017. )

« L’exemple de l’individualité exceptionnelle de Socrate, peu intégré dans la cité, mais ayant une participation directe des valeurs idéales immuables comme la Justice, est primordial au début. L’individu est cet être singulier, irremplaçable, étonnant, qui engourdit par sa présence comme le poisson torpille par son contact. Cet être à une destinée bien plus qu’une place ; il veut « fuir d’ici là-bas », et, s’il accepte de rester sur terre, c’est en se comparant à la bête parmi les autres bêtes domestiques, dans le parc que les Dieux ont dressé pour les hommes. L’individu vit comme il le doit lorsqu’il adhère à sa destinée, c’est-à-dire lorsqu’il n’est pas en contradiction avec lui-même. » ( Ibid., p. 364. )

« Dans la conception ionienne du monde, il y a au contraire une grande réserve d’être non individualisé, à laquelle retournent et de laquelle viennent les êtres individualisé. » ( Ibid., p. 381 )

« … l’opposition entre le Stoïcisme et l’Épicurisme est celle d’une philosophie qui définit l’individu comme ce qui agit sur soi à une philosophie qui définit l’individu par ses limites, connues à partir de leur genèse. Ces deux doctrines essayent de connaître ce qui dans l’être singulier est ordre de succession ; mais elles s’écartent l’une de l’autre à partir de cette intention commune ; en effet, l’Épicurisme trouve dans l’indépendance et la perfection de l’instant, ainsi que dans l’indépendance de cette suite d’instants qu’est la vie par rapport à tout le passé et à tout l’avenir, la méthode pour saisir l’individu dans sa plus haute réalité. » ( Ibid., p. 407 )

« … une règle positive n’est jamais totalement transposable ; elle est circonstanciée et suppose par conséquent que l’être auquel elle s’adresse est dans un certain milieu, avec telle ou telle relation sociale ; au contraire, une canonique négative est réellement universelle, toujours transposable ; mais elle suppose que l’individu peut être pensé et se penser lui-même comme une réalité indépendante des circonstances dans lesquelles il se trouve ; ces circonstances, pensées dans la relation à une canonique négative, deviennent universelles. » ( Ibid., p. 419 )

« Saint Thomas est fidèle au principe de l’univers aristotélicien fait d’individus ayant chacun en soi le principe de ses opérations : il y a unité de la forme en chaque individu. Or, cette doctrine qui semblerait réserver à l’individu la première place puisqu’elle fait de lui l’unique réalité, aboutit en fait à le diminuer en le limitant ; au contraire, la vision platonicienne de l’univers qui saisit une série de formes hiérarchisées, semble diminuer l’individu, puisque l’unité n’est jamais dans l’individu, mais seulement dans le tout, le libère en fait en lui donnant le dynamisme infini de ces formes dont chacune est avide de celle qui viendra la compléter. » ( Ibid., p. 436 )

« L’individu tel qu’il apparaît dans le Cogito est donc l’être qui s’exprime dans une opération consciente, ici l’opération logique du doute méthodique. L’individu préexiste au Cogito, parce que la condition d’individualité est nécessaire à tout le progrès du doute. Et l’on pourrait dire que, si le doute n’est pas logiquement nécessaire à la proposition du Cogito, il lui est en quelque façon énergétiquement nécessaire. L’individualité préexiste comme moteur et sujet du doute, comme exigence de certitude. » ( Ibid., p. 451 )

« La connaissance de soi n’est pas une peinture de soi. Elle est une œuvre qui a une valeur constructrice » ( Ibid., p. 478 )

 

process of coordinated decisions

“Equality of resources, on the other hand, provides an account of distributional equality that is immediately and obviously sensitive to the special character and importance of liberty. It makes an equal distribution depend not on a bare outcome that can be measured directly, like preference-satisfaction, but on a process of coordinated decisions in which people who take responsibility for their own ambitions and projects, and who accept, as part of that responsibility, that they belong to a community of equal concern, are able to identify the true costs of their own plans to other people, and so design and redesign these plans so as to use only their fair share of resources in principle available to all.” (Ronald Dworkin, Sovereign Virtue, p.122)

radical antinormativity

“Unlike several of Reagan’s social conservative advisors, Posner and Philipson were vehemently opposed to any revival of the old public health tradition and its paternalist measures. In their view, normative judgments about sexual deviance or perversion were counterproductive to the smooth functioning of markets: as a quasi-market replete with shadow prices, the arena of sexual trades functioned most efficiently when it was free from the state regulations of quarantine or mandatory testing. Michel Foucault was one of the first to point to the radical antinormativity of the Chicago school neoliberals; just as they rejected the disciplinary and regulatory institutions of the twentieth-century welfare state as so many barriers to the efficient functioning of market logics, neoliberal theorists such as Friedman, Becker, and Posner were methodologically indifferent to the normative categories of the twentieth-century social sciences and their allied disciplines. They thus found themselves somewhat unexpectedly aligned with the New Left.” (Melinda Cooper, Family Values, pp.169-170)

norms in the eye of the beholder

“On the broadly phenomenalist line about norms that will be defended here, norms are in an important sense in the eye of the beholder, so that one cannot address the question of what implicit norms are, independently of the question of what it is to acknowledge them in practice. The direction of explanation to be pursued here first offers an account of the practical attitude of taking something to be correct-according-to-a-practice, and then explains the status of being correct-according-to-a-practice by appeal to those attitudes.” (Robert B. Brandom, Making It Explicit, p.25)

de dicto ascriptions and de re ascriptions

De dicto ascriptions specify the content of the attributed commitment from the point of view provided by what the one to whom that commitment is attributed would, according to the attributor, acknowledge. De re ascriptions specify the content of that same commitment from the point of view provided by what the one attributing the commitment would acknowledge. These are two different sorts of ascription, two ways of specifying the content of a single commitment, not ascriptions of two different sorts of belief or commitment.” (Robert B. Brandom, Making It Explicit, p.584)

inferential articulation and social articulation

“For information (whether true of false) to be communicated is for the claims undertaken by one interlocutor to become available to others (who attribute them) as premises for inferences. Communication is the social production and consumption of reasons. So communication (giving and asking for reasons) involves the interaction of the inferential articulation of contents that is at the center of the semantics presented here and the social articulation of discursive commitments that is at the center of the pragmatics presented here. The nature and significance of this interaction of the inferential and the social dimensions of discursive practice is a large and important topic. . . . As a result, the contents of the claims that are deployed monologically in intrapersonal reasoning in soliloquy must be understood as having been conferred by public practices of deploying claims dialogically in interpersonal reasoning in conversation. Meditation is made possible by disputation.” (Robert B. Brandom, Making It Explicit, p.474)