Quotes from Histoire de la notion d’individu

« L’eau élémentaire chez Thalès, l’air chez Anaximène, l’ἄπειρον (l’« infini », l’« indéfini ») chez Anaximandre sont ces éléments continus et uns en vertu de leur homogénéité foncière. Peut-être faut-il voir ici un premier aspect de l’idée de matière, antérieure à toute distinction de la matière et de la forme. / Cependant, à ce premier caractère de consistance et de cohérence s’ajoute un dynamisme de développement, de croissance, plus universel et plus puissant que celui qui fait croître les plantes et grandir les animaux : la physis. » ( Gilbert Simondon, « Histoire de la notion d’individu », in L’Individuation à la lumière des notions de forme et d’information, p. 358, Grenoble, Millon, 2017. )

« L’exemple de l’individualité exceptionnelle de Socrate, peu intégré dans la cité, mais ayant une participation directe des valeurs idéales immuables comme la Justice, est primordial au début. L’individu est cet être singulier, irremplaçable, étonnant, qui engourdit par sa présence comme le poisson torpille par son contact. Cet être à une destinée bien plus qu’une place ; il veut « fuir d’ici là-bas », et, s’il accepte de rester sur terre, c’est en se comparant à la bête parmi les autres bêtes domestiques, dans le parc que les Dieux ont dressé pour les hommes. L’individu vit comme il le doit lorsqu’il adhère à sa destinée, c’est-à-dire lorsqu’il n’est pas en contradiction avec lui-même. » ( Ibid., p. 364. )

« Dans la conception ionienne du monde, il y a au contraire une grande réserve d’être non individualisé, à laquelle retournent et de laquelle viennent les êtres individualisé. » ( Ibid., p. 381 )

« … l’opposition entre le Stoïcisme et l’Épicurisme est celle d’une philosophie qui définit l’individu comme ce qui agit sur soi à une philosophie qui définit l’individu par ses limites, connues à partir de leur genèse. Ces deux doctrines essayent de connaître ce qui dans l’être singulier est ordre de succession ; mais elles s’écartent l’une de l’autre à partir de cette intention commune ; en effet, l’Épicurisme trouve dans l’indépendance et la perfection de l’instant, ainsi que dans l’indépendance de cette suite d’instants qu’est la vie par rapport à tout le passé et à tout l’avenir, la méthode pour saisir l’individu dans sa plus haute réalité. » ( Ibid., p. 407 )

« … une règle positive n’est jamais totalement transposable ; elle est circonstanciée et suppose par conséquent que l’être auquel elle s’adresse est dans un certain milieu, avec telle ou telle relation sociale ; au contraire, une canonique négative est réellement universelle, toujours transposable ; mais elle suppose que l’individu peut être pensé et se penser lui-même comme une réalité indépendante des circonstances dans lesquelles il se trouve ; ces circonstances, pensées dans la relation à une canonique négative, deviennent universelles. » ( Ibid., p. 419 )

« Saint Thomas est fidèle au principe de l’univers aristotélicien fait d’individus ayant chacun en soi le principe de ses opérations : il y a unité de la forme en chaque individu. Or, cette doctrine qui semblerait réserver à l’individu la première place puisqu’elle fait de lui l’unique réalité, aboutit en fait à le diminuer en le limitant ; au contraire, la vision platonicienne de l’univers qui saisit une série de formes hiérarchisées, semble diminuer l’individu, puisque l’unité n’est jamais dans l’individu, mais seulement dans le tout, le libère en fait en lui donnant le dynamisme infini de ces formes dont chacune est avide de celle qui viendra la compléter. » ( Ibid., p. 436 )

« L’individu tel qu’il apparaît dans le Cogito est donc l’être qui s’exprime dans une opération consciente, ici l’opération logique du doute méthodique. L’individu préexiste au Cogito, parce que la condition d’individualité est nécessaire à tout le progrès du doute. Et l’on pourrait dire que, si le doute n’est pas logiquement nécessaire à la proposition du Cogito, il lui est en quelque façon énergétiquement nécessaire. L’individualité préexiste comme moteur et sujet du doute, comme exigence de certitude. » ( Ibid., p. 451 )

« La connaissance de soi n’est pas une peinture de soi. Elle est une œuvre qui a une valeur constructrice » ( Ibid., p. 478 )

 

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